













Les favelas de Salvador de Bahia sont dans une situation particulièrement critique : violence des bandes criminelles et de la police, habitats particulièrement insalubres, prostitution de fillettes, trafic de drogue, alcoolisme, chômage généralisé, absence de structure sanitaire... Les familles sont installées sur des marécages, des terrains en pente aux risques d´éboulement ou d'inondation. Les enfants sont en situation de malnutrition, les mères de famille célibataires sont sans ressources : cette réalité difficile, qui découle des inégalités sociales, prive cette population du plein exercice de sa citoyenneté.
En soutien à l’association Crianca et familia- Bernadette Marchand
Dès 1980, les habitants du quartier et une petite fraternité catholique, « Bethânia », s´associent avec le même but, « répondre aux besoins urgents de la communauté », tout en transmettant les valeurs qui les animent comme le respect et la valorisation du potentiel de chacun, le partage et l´entraide, la mise en valeur des personnes et des familles du quartier. L’association Criança e Família, fondée par Bernadette Marchand, a commencé par créer un petit centre communautaire en planches, puis de nombreux projets sont nés, au fur et à mesure des moyens et des besoins, avec et pour les familles du quartier, donnant la priorité aux plus pauvres et aux exclus. Elle a pour but de soutenir, encourager, créer et développer, avec les familles les plus nécessiteuses du quartier, où elle est implantée, des activités : socio-éducatives, culturelles, sportives et de santé, visant à améliorer la qualité de vie des enfants, des jeunes ainsi que de leur entourage, afin de réduire les risques d´exclusion sociale et de marginalisation. http://criancafamilia.free.fr/bres/accueil.html

Education – Formation professionnelle
Programme d’initiation à l’informatique
Aucune école publique du quartier ne possède d’équipement et il n’existe aucun cours d’informatique, mais on demande de plus en plus souvent aux élèves d’effectuer des recherches et des enquêtes sur Internet.
La création d’une salle d’informatique permettrait d’améliorer les conditions d’études, ce qui, nous le savons, est primordial, car l’accès à l’éducation et à la formation font partie des conditions inhérentes à un développement durable et global.
De plus, le gouvernement brésilien a interdit tous les cours de formation professionnelle type, menuiserie, maçonnerie, etc., considérés comme dangereux pour les moins de 18 ans. Nous n’avons donc plus aucune activité à proposer aux jeunes de 12 à 18 ans, à part des activités sportives, mais qui sont limitées par le manque d’espace au sein du Centre. La formation à l’informatique reste la seule autorisée par le gouvernement.
Les jeunes qui ne peuvent plus être pris en charge par le centre dans le cadre d’une formation se retrouvent donc dans la rue à vendre de la drogue, à se droguer et à s’entretuer. Par ailleurs, pour les enfants et les jeunes participants aux activités de l’Association, c’est « l’attrait » et la « valorisation » de l’informatique qui les aident à « accepter » la partie la plus scolaire, pour laquelle ils ont souvent perdu toute motivation. Il est donc primordial de pouvoir proposer cette nouvelle formation informatique au plus vite au sein du Centre communautaire.
Le programme porte donc sur une initiation à l’informatique dont bénéficieraient 200 enfants de 8 à 14 ans, participant à mi-temps au projet de “Reforço escolar” (Complément scolaire). En situation de risque familial et social, ils présentent des retards de scolarisation ; certains manquent beaucoup l’école.

Formation professionnelle – Education - hygiène
Création d’une terrasse couverte
En 2004, la mairie ayant fait goudronner les rues en amont de la favela, les eaux de pluie et d’égout se déversent dans un ruisseau dont le niveau monte de 1m à 1,50m, inondant crèche et maisons. De plus, les pluies très abondantes relèvent le niveau de la nappe phréatique et l´eau filtre par le sol dans 2 salles et dans la cuisine qui prépare 200 repas et 450 goûters au CCEI et à la crèche.
En 2006, l’option d’urgence a été de construire une terrasse couverte au dessus du bâtiment, permettant d’évacuer et d’accueillir les enfants en cas d’inondation importante.
Cette terrasse couverte de 147 m2 (21m X 7m) a été prévue avec des murs de 1,50m à 1,80m de haut et un toit débordant afin de protéger murs, fenêtres et escalier d’accès, comme cela se fait habituellement au dessus des maisons et bâtiments des environs.
De plus, le toit a été conçu pour permettre de récupérer l’eau de pluie afin d’alimenter les sanitaires et de réaliser ainsi des économies.
Cette terrasse était par ailleurs indispensable car, avec la chaleur, la dalle de couverture risquait de se fissurer et il y avait aussi un besoin urgent d’un espace protégé pour les réunions, les fêtes, les activités avec les enfants et les familles.
Fin 2007 la terrasse était opérationnelle. Il est à noter que les jeunes en formation professionnelle ont participé à sa réalisation, encadrés par des personnes qualifiées.
Formation professionnelle – Santé - hygiène
Programme d’amélioration de l’habitat
L’amélioration des conditions d’hygiène et d’habitat permet de faire diminuer le nombre d’enfants sujets aux maladies, la malnutrition, la fatigue et de redonner l’espoir d’une vie meilleure. Les conditions d’études s’en trouvent également améliorées, ce qui, nous le savons, est primordial, car l’accès à l’éducation et à la formation font partie des conditions inhérentes à un développement durable et global.
Il est aussi très important de responsabiliser les familles et de ne pas les asservir à une aide extérieure. C’est pourquoi, nous avons exigé une participation sous forme de main d’œuvre de la part des familles qui ont passé du temps à améliorer leur habitat.
La plupart des familles vivent avec en moyenne 90 réais par mois, ce qui correspond aux allocations familiales. Le nombre moyen d’enfants par famille est de cinq et la moyenne de la superficie des maisons ne dépasse pas 25m².
Les maisons en dur commencent à être majoritaires, mais le problème des inondations de ces maisons demeure, ainsi que le manque de sanitaires et de systèmes d’égouts.
La majorité des habitations nécessite un surélèvement par remblayage, ce qui correspond à surélever la maison d’un mètre et donc oblige à reprendre toute la structure des maisons avec renforcement du gros œuvre, pose de nouvelles toitures, reprise de l'électricité et de la plomberie.
Dans nombre de maisons, le seul endroit pour les toilettes est un trou au fond de la maison où 5 à 6 personnes se rendent chaque jour. Au vu de la taille de ces espaces qui servent également de douche, à l’aide de petits seaux, il était urgent de prévoir des toilettes avec évacuations extérieures pour l’hygiène des habitations et pour la santé des enfants.
Nous avons donc, pour commencer, lancé une action concrète sur 5 projets pré-sélectionnés (enfants allant à la crèche et scolarisés), afin que les enfants puissent vivre dans des conditions décentes et prendre, dès leur plus jeune âge, des habitudes d’hygiène correctes.
L’équipe de construction a été constituée par des professionnels permanents de l’association et les jeunes en formation. Les équipes de jeunes sont suivies par des instructeurs éducateurs, maîtres d’œuvre, maçons et assistants généraux. Associer ces jeunes au programme d’amélioration de l’habitat dans le quartier leur permet d’acquérir des expériences concrètes de réalisations de chantier tout en gagnant un peu d’argent (depuis 2007 le gouvernement brésilien a rendu obligatoire la rémunération du travail des apprentis) et en améliorant les conditions de vies décrites ci-dessus qui sont les leurs, puisque ce sont tous des jeunes issus du quartier, et donc fortement impliqués. Il est à noter également que de la main d’œuvre ponctuelle est embauchée dans le quartier, ce qui donne du travail aux gens sans ressources. C’est une aide non négligeable qui est importante pour bon nombre de gens dans la favela.

Création d’un dispensaire
Le système de Santé Publique, déjà bien précaire pour la population sans ressources, l`est encore plus pour les habitants des grandes banlieues. Le dispensaire est tenu par une aide soignante salariée.
Le Centre de Soins ouvre chaque jour. Le matin, il accueille 400 enfants et jeunes des différents programmes de l´association et spécialement les 150 enfants de la crèche-maternelle (CCEI) : blessures, maladies de peaux, nébulisations, etc. 5oo familles sont inscrites, 25 personnes en moyenne sont reçues chaque jour, 15 personnes en consultation, 40 à 50 femmes enceintes participent aux réunions-conférences mensuelles, 20 familles sont spécialement accompagnées.
Il travaille en collaboration avec le Programme de Santé Familiale des dispensaires voisins ainsi que les agents de santé du quartier. Il offre:
Création du Centre communautaire d’éducation infantile (CCEI) et de la crèche
La crèche-maternelle existe depuis 1988 mais il n´était pas possible d´y accueillir les enfants de moins de deux ans. Un centre fut donc construit par un groupe d´adolescents apprentis-maçons et a ouvert ses portes en Mai 2000.
L´objectif est d´appuyer les familles les plus pauvres du quartier, en offrant soins et alimentation équilibrée aux enfants de moins de deux ans en situation de dénutrition et victimes de carences alimentaires, psychologiques et sociales et de donner aux mères, pour la plupart adolescentes, une éducation nutritionnelle, sanitaire et sociale, en les encourageant à sortir d´une spirale d´oisiveté, d´accommodation et d´exclusion sociale. Le Centre accueille de jour 15 à 20 mères, dont certaines enceintes, avec leurs enfants de moins de deux ans, Accompagnées toute la journée par les éducatrices, elles s´occupent de l´alimentation de leurs enfants, des vêtements, de leur habillement, en s´aidant mutuellement : c´est un échange d´expériences socialisantes très enrichissant.
Ces femmes reçoivent une formation basique à travers des cours pratiques (cuisine, alimentation alternative, couture, petites activités d´artisanat) et des petits cours : auto-estime, grossesse, accouchement, allaitement maternel, avortement, MST, affectivité, éducation et stimulation des enfants, citoyenneté, etc.
Elles sont accompagnées lors de leur recherche de documents d´identités, leurs examens et consultations, mais aussi lorsqu´elles se sentent prêtes à régler leurs problèmes familiaux, d´habitat, ainsi que pour obtenir quelques ressources.
A la fin de l´année, nous pouvons constater une amélioration sensible de la santé des mères et de leurs bébés.
Á leur sortie du projet, les mamans adoptent un autre mode de pensée et sortent de l´exclusion sociale : elles prennent l´habitude de participer aux structures existantes, à la communauté, et s´intègrent dans d´autres activités de services.
Création du centre Antonietta pour jeunes mamans et bébés
Le Projet a démarré avec une petite école en 1983, dans une baraque de planches, qui peu à peu a évolué pour devenir un bâtiment en dur. En 1988, la crèche a commencé à accueillir les enfants de la favela et est devenue Centre d´Éducation Infantile.
OBJECTIF GÉNÉRAL : Donner à l´enfant protection, éducation et santé, en favorisant son développement physique, intellectuel, psychosocial et éducationnel. Aider les familles les plus pauvres à accompagner la croissance, le développement et la santé des enfants. Permettre aux mamans d´exercer une activité générant des ressources financières pour le foyer.
Aujourd’hui le CCEI :
Mise en place d’ateliers de formation professionnelle pour les adolescents
Depuis longtemps les familles du quartier insistaient pour que soit réalisé « quelque chose » pour les jeunes de 16 à 21 ans, issus de familles sans ressources, souvent en situation de retard, d´échec ou d´évasion scolaire, désoeuvrés, sans activité de loisirs ni formations professionnelles, sans perspective ni espérance, parfois amers, désabusés, à grands risques de marginalisation.
La communauté a retenu l’idée de créer plusieurs formations professionnelles alternant cours théoriques et ateliers pratiques, et proposant des débouchés vers l’emploi :